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La financiarisation des élections
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La financiarisation des élections

Plus de 15 millions d’euros pour Paris, 3 millions à Lyon , 593 000€ à Toulon , 281 000€ pour Marseille, 162 000€ pour Nice, 128 000€ à Strasbourg et 67 000€ au Havre.

Il s’agit des montants en jeu sur le site de paris marchés prédictifs Polymarket pour les élections municipales françaises.

Si vous ne connaissez pas, Polymarket est, avec son homologue Kalshi, une « plateforme de marché prédictif en ligne », autrement dit des sites sur lesquels on peut parier sur tout et n’importe quoi, mais qui ne tombe pas sous la législation des paris en ligne. Malin.

Officiellement, ces sites ne sont pas accessibles aux Français. Dans le même temps, plus de 800 000 de nos compatriotes sont inscrits dessus. (Merci NordVPN)

Ce qui pourrait sembler très banal est pourtant intéressant à plusieurs titres.

Prédire le futur est un rêve aussi vieux que l’humanité elle-même. Maintenant que Dieu est mort, que le mouvement des astres n’est plus pris au sérieux et que les sondages ont montré leurs limites, il reste l’argent.

La sagesse des foules augmentée d’un enjeu sonnant et trébuchant offrirait-elle une mesure précise de l’avenir ? En tout cas c’est-ce que semble croire plusieurs institutions financières, dont le New York Stock Exchange lui-même, qui investissent dans les plateformes pour avoir accès aux précieuses données.

Alors qu’en est-il de nos élections municipales ?

Avec 100% de « prédictions » correctes, force est de constater que ces dernières, et surtout leur évolution, semblent refléter la réalité avec plus de finesse et de réactivité que les sondages, tout instituts confondus.

Mais… Parce qu’il y a un « mais ».

Cette pratique est surtout dangereuse pour la démocratie.

On ne sait pas qui pari, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les manipulations.

Imaginons que votre équipe de campagne ou votre rédaction s’apprête à faire une révélation sur un candidat bien placé. Vous n’avez qu’à parier sur la défaire de ce candidat juste avant la révélation, le prix d’un « contrat » pour la défaite sera alors faible (c’est-à-dire une faible probabilité de perdre), mais son prix va rapidement augmenter après la révélation. Vous le revendez et empochez la différence.

Sur les machés financiers c’est-ce que l’on appelle un délit d’initié, et c’est illégal.

Pour autant, les paris sont déjà ouverts pour la présidentielle de 2027 avec près de 46 millions d’euros en jeu (20 avril 2026).

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